cities and protest: Où vas-tu repousser tes nouveaux murs d’enceinte?

by diego terna

Noir Désir and Brigitte Fontaine, L’Europe, Des Visages des Figures, 11 settembre 2001

Les sangliers sont lachés.
Je répète :
les sangliers sont lachés.

Les petits patrons font les grandes rivières de diamant.
Deux fois.

Les roses de l’Europe sont le festin de Satan.
Je répète :
les roses de l’Europe sont le festin de Satan.

Nous travaillons actuellement pour l’Europe.
Nous travaillons actuellement pour l’Europe.
Nous travaillons actuellement pour l’Europe.
Nous travaillons actuellement pour l’Europe.
Voire pour le monde.

Chère vieille Europe, cher vieux continent, putain autoritaire, aristocrate
et libertaire, bourgeoise et ouvrière, pourpre et pomponnée de grands
siècles et colosses titubants. Regarde tes épaules voûtées, pas moyen
d’épousseter d’un seul geste, d’un seul, les vieilles pellicules, les peaux
mortes d’hier et tabula rasa… D’ici on pourrait croire à de la pourriture
noble et en suspention. il flotte encore dans l’air de cette odeur de
soufre. Sale vieille Europe, celle qui entre deux guerres et même encore
pendant caressait pour son bien le ventre des pays de ses lointains ailleurs
et la bite à la main arrosait de son sperme les sexes autochtones.
On se relève de ça ? On se relève de tout même des chutes sans fond.
Nous avons su monter nous avons su descendre, nous pouvons arrêter et nous
pouvons reprendre…
Europe des lumières ou alors des ténèbres ; à peine des lucioles dans les
théâtres d’ombre. A peine une étincelle dans la nuit qui s’installe et puis
se ressaisit, et puis l’aube nouvelle, après les crimes d’enfance, les
erreurs de jeunesse on n’arrache plus les ailes des libellules d’or.

Nous travaillons actuellement pour l’Europe.
Voire pour le monde.

Amnistie, amnistie ou alors amnésie, qu’est-ce que vous volez que ça foute,
de toutes façons il faut bien avancer, pressons le pas camarade et puis
réalisons réalisons, il en restera toujours quelque chose allez !
Matérialiste alors ça fait qu’au moins on est sûr de n’pas de tromper, et du
tangible alors jusqu’à l’indigestion, du rationnel alors et jusqu’à en
crever, des logiques implacables mais toujours pas de sens… Eh princesse
de l’Histoire dans sa marche forcée, on finit par se perdre en passant sous
tes arches multiséculaires.

Voire pour le monde.
Nous travaillons actuellement pour l’Europe.

On est passé de tes arcanes passées, passé de tes arcanes passées, on est
passé de tes arcanes passées, aux charmes technocrates… Alors l’Europe
alors l’Europe alors l’Europe.
Bruxelles, Schengen, Stasbourg, Maastricht, PIB, PIB, CEE, Euratom, OCDE et
GATT. Protégez-nous marché de cet AMI commun d’un monde si petit.
Euromonnaie unique, Nasdaq et CAC 40, orgiaque, idyllique, faites de la
poésie, soutenez la culture, produisez du spectacle et de l’entertainment
comme on dit chez nos frères d’Outre-Atlantique et toc anciens Européens,
nouveaux maîtres du monde pendant que le dragon asiatique rêve, fait ses
étirements, il est beau et puissant, crache du feu gentillement.
Pendant qu’Ernest Antoine Seillière fait son apparition et nous déclare sa
flamme il nous aime et nous dit : ” Nous ne sommes pas comme les politiques
soumis à la pression de la rue. ”
Et on entend au loin résonner les clameurs de la foule, les beaux mouvements
d’ensemble, les défilés glorieux et puis la lutte des classes.
Et maintenant c’est sérieux, eh bébé, c’est sérieux, on ne croit plus en
rien, nous montons de toutes pièces ce buisness et Basta, on chevauche pas
Pégase ça c’était pour l’extase c’est fini.
Extension, expansion si possible, mais pas de rêve à porter seulement des
dynamiques. D’abord la thune, bébé et le reste suivra et le reste viendra
c’est ce qu’on dit je crois en cette époque là bénie des globophages.
Chère vieille Europe, ta tête connaît à peine tes jambes qui souvent ne
comprennent pas tes bras comment ça marche encore déjà. Comment ça marche un
corps étranger à son corps on n’sait pas on s’en fout on s’embrasse quand
même et puis on a raison.
Sale vieille Europe, te souviens-tu de la force brutale, occident mal luné,
guerre brûlante, guerre froide, et enfin de guerre lasse et enfin de guerre
lasse.

Nous travaillons actuellement pour l’Europe.

En veux-tu en voilà des écoles de la performance et voilà des patrons
créateurs du Global buisness dialogue ou Electronic commerce pour s’asseoir
en gloussant sur toutes les exceptions à commencer par ce truc machin
culturel.

Histoires de producteurs et de consommateurs, du producteur au consommateur,
du producteur au consommateur, et des intermédiaires à plus savoir qu’en
foutre, toute ton âme s’est usée sur ce chemin sans fin et sur ce va et
vient on y va, nous aussi, profiter, pas de raison, après tout ça ira, on
n’en aura pour tout le monde, y’en aura pour tout le monde, on a dit pour
tout le monde, pour tout le monde, pour tout l’monde et mon cul !

A quelle hauteur vas-tu ériger tes remparts ?
Où vas-tu repousser tes nouveaux murs d’enceinte ?

Quelque chose est resté en travers de la gorge et nous voulons cracher c’est
la moindre des choses mais vous pouvez, madame, vous adresser à nous car
tout n’est pas perdu non tout n’est pas perdu de vos mythes d’aurore ici le
soleil brille pour tous et on y croit.

Nous travaillons actuellement pour l’Europe.
Voire pour le monde.

Quelque chose est resté en travers de la gorge et nous voulons cracher c’est
la moindre des choses mais vous pouvez, madame, vous adresser à nous car
tout n’est pas perdu non tout n’est pas perdu de vos mythes d’aurore ici le
soleil brille pour tous et on y croit.

La vérole sur vos gueules
Je répète :
la vérole sur vos gueules.
Les soupirs de la sainte et les cris de la fée ne sont plus entendus au
banquet des banquiers.
Une fois.
La marmite de l’ermite est remplie de rubis.
Je répète :
la marmite de l’ermite est remplie de rubis.

La vieille Europe est la maquerelle des ballets roses.
Deux fois.
Quand les sirènes se taisent, les rapaces gueulent.
Le rouge et le noir des tortures sont les fleurs du mal.
Je répète :
le rouge et le noir des tortures sont les fleurs du mal.

Le jour de l’Occident est la nuit de l’Orient.
Deux fois.
Le jour de l’Occident est la nuit de l’Orient.

Je ne suis pas chauvine mais la France est quand même la reine des fromages.
Tryphon Tournesol est un zouave.
Six fois.
Le sang versé est la tasse de thé des géants de la foire.
Deux fois.
Il pleut des cordes sur la Concorde.
Il pleut des cordes sur la Concorde.
Les petites filles modèles sont les élues de l’Europe.
Je répète :
les petites filles modèles sont les élues de l’Europe.
Merde à la sûreté.
Deux fois.
La folie des grandeurs tue les merles moqueurs.
Je répète :
la folie des grandeurs tue les merles moqueurs.
Si vous ne trouvez plus rien cherchez autre chose.

Paix en Suisse.
Je répète :
paix en Suisse.
Les noces de sang incendient l’horizon.
Deux fois.
Le rimel de l’Europe coule sur les plastrons.
Deux fois.

La vie commence maintenant, et maintenant, et maintenant.

L’Europe est une petite déesse mortelle.
Deux fois.

L’enfance de l’art est un lever de soleil.
Je répète :
l’enfance de l’art est un lever de soleil.

Nous travaillons actuellement pour l’Europe…

Versione italiana di Riccardo Venturi e Joëlle Iannicelli

I cinghiali sono sciolti.
Ripeto:
i cinghiali sono sciolti.

I piccoli padroni fanno i grandi collier di diamanti.
Bis.

Le rose dell’Europa sono il festino di Satana.
Ripeto:
Le rose dell’Europa sono il festino di Satana.

Stiamo lavorando per l’Europa.
Stiamo lavorando per l’Europa.
Stiamo lavorando per l’Europa.
Stiamo lavorando per l’Europa.
Ovvero per il mondo.

Cara vecchia Europa, caro vecchio continente, puttana autoritaria,
aristocratica e libertaria, borghese e operaia, porpora e agghindata
di grandi secoli e di colossi titubanti. Guarda le tue spalle
incavate, non c’e’ verso di togliere con un sol gesto, uno solo, la
polvere dalle vecchie pellicole, le pelli morte di ieri e tabula
rasa…Quindi si potrebbe credere a un marciume nobile e in
sospensione. Nell’aria soffia ancora ancora quest’odore di zolfo.

Vecchia Europa di merda, quella che fra due guerre e persino durante
accarezzava per il proprio tornaconto la pancia dei paesi d’altre e
lontane sponde e, col cazzo in mano, innaffiava col suo sperma i sessi
indigeni.

Ci si puo’ risollevare. Ci si risolleva comunque anche dalle cadute
senza fondo.

Abbiamo saputo salire, abbiamo saputo discendere, ci possiamo fermare
e possiamo ricominciare…Europa dei lumi oppure delle tenebre; appena
delle lucciole nei teatri d’ombra. Appena una scintilla nella notte
che scende e si riprende, e poi l’alba nuova dopo i crimini infantili,
gli errori di gioventu’, non si strappano piu’ le ali alle libellule
d’oro.

Stiamo lavorando per l’Europa.
Ovvero per il mondo.

Amnistia, amnistia oppure amnesia, ma che cazzo volete che importi, ad
ogni modo bisogna andare avanti, affrettiamo il passo compagni e poi
realizziamo, realizziamo! Materialisti, si’, ma almeno si e’ certi di
non sbagliarsi, e del tangibile fino a farne indigestione, del
razionale fino a creparne, logiche implacabili ma sempre senza
senso…eh, principessa della Storia in marcia forzata, si finisce per
perdersi passando sotto le tue arcate plurisecolari.

Ovvero per il mondo.
Stiamo lavorando per l’Europa.

Si e’ passati dai tuoi arcani passati, passati dai tuoi arcani
passati, si e’ passati dai tuoi arcani passati alle fascinazioni
tecnocratiche…l’Europa allora, l’Europa allora, allora.
Bruxelles, Schengen, Strasburgo, Maastricht, PIB, PIB, CEE, Euratom,
OCDE e GATT. Mercato, difendici da quest’AMICO comune di un mondo
cosi’ piccolo.

Moneta europea unica, Nasdaq e CAC 40, orgiastica, idilliaca, fate
poesia, sostenete la cultura, producete spettacolo e entertainment,
come dicono i nostri fratelli d’oltreoceano, e toc toc antichi
Europei, nuovi padroni del mondo mentre il drago asiatico sogna, si
stira, e’ bello e potente, sputa fuoco con gentilezza.

Mentre Ernest Antoine Seillière fa la sua comparsa e ci dichiara il
suo ardore, ci ama e ci dice: “Noi non siamo come i politici soggetti
alla pressione della gente”
E si sentono risuonare da lontano i clamori della folla, i bei
movimenti delle masse, le gloriose sfilate e poi la lotta di classe.
E ora e’ roba seria, piccolo mio, e’ roba seria, non si crede piu’ a
niente, montiamo completamente questo business e basta, non si cavalca
Pegaso, era per l’estasi e l’estasi ora e’ finita/
Estensione, espansione possibilmente, ma niente sogni che portino
soltanto delle dinamiche.
Prima di tutto i quattrini, piccolo mio, e il resto arrivera’, il
resto verra’, e’ quel che si dice in giro e io credo in quest’epoca
benedetta dai mangiatori globali.

Cara vecchia Europa, la tua testa conosce a malapena le tue gambe che
spesso non capiscono le tue braccia, ma ancora funziona. Come funzioni
un corpo estraneo al proprio corpo non si sa, ma ci se ne strafrega,
ci si bacia lo stesso e poi s’ha ragione.

Vecchia Europa di merda, ti ricordi della forza brutale, occidente con
la luna di traverso, guerra calda, guerra fredda e alla fine stanca
della guerra, stanca della guerra.

Stiamo lavorando per l’Europa.

Ne vuoi? Eccotene, di scuole di rendimento, eccoteli i padroni
creatori del Global business dialogue o dell’Electronic commerce per
mettersi con dei gridolini col culo a sedere sopra tutte le eccezioni,
a cominciare da ‘sta roba culturale di questa minchia

Storie di produttori e consumatori, dal produttore al consumatore, dal
produttore al consumatore, e intermediari da non saper piu’ che
cazzaccio farsene, tutta la tua anima s’e’ consumata su questa strada
infinita e in questo andirivieni, vieni che ci si va, si va anche noi
a profittare, niente storie, ce ne sara’ per tutti, hanno detto
proprio per tutti, per tutti, per tutti
e vaffanculo!

Le tue muraglie, di che altezza le farai?
Fin dove farai arrivare le tue nuove mura di cinta?
Qualcosa e’ rimasta di traverso in gola e noi vogliamo sputare, e’ una
cosa da nulla ma Lei puo’, signora, Lei si rivolge a noi
perche’ tutto non e’ ancora perduto, no, non si sono ancora persi i
Suoi miti aurorali, qui il sole splende per tutti e ci si crede.

Stiamo lavorando per l’Europa.
Ovvero per il mondo.

Qualcosa e’ rimasta di traverso in gola e noi vogliamo sputare, e’ una
cosa da nulla ma Lei puo’, signora, Lei si rivolge a noi
perche’ tutto non e’ ancora perduto, no, non si sono ancora persi i
Suoi miti aurorali, qui il sole splende per tutti e ci si crede.

La sifilide sui vostri musi.
Ripeto:
La sifilide sui vostri musi.
I sospiri della santa e le grida della fata non si sentono piu’ al
banchetto dei banchieri.
Una volta.
La marmitta dell’eremita e’ riempita di rubini.

La vecchia Europa e’ la magnaccia dei balletti rosa.
Bis.
Quando le sirene tacciono, i rapaci gridano.
Ripeto:
quando le sirene tacciono i rapaci gridano.
Il rosso e il nero delle torture sono i fiori del male.
Ripeto:
il rosso e il nero delle torture sono i fiori del male.
Il giorno dell’Occidente e’ la notte dell’Oriente.
Bis.
Il giorno dell’Occidente e’ la notte dell’Oriente.
Non sono sciovinista
ma la Francia e’ comunque la regina dei formaggi.
Tryphon Tournesol e’ uno zuavo.
Sei volte.

Il sangue versato e’ la tazza di the’ dei giganti in fiera.
Bis.
Piove a dirotto su place de la Concorde.
Piove a dirotto su place de la Concorde.
Le modelle ragazzine sono le elette d’Europa.
Ripeto:
le modelle ragazzine sono le elette d’Europa.
Vaffanculo alla sicurezza.
Bis.
La mania di grandezza uccide i merli gracchianti.
Ripeto:
La mania di gradezza uccide i merli gracchianti.
Se non trovate piu’ niente, cercate altro.

Pace in Svizzera.
Ripeto:
pace in Svizzera.
Le nozze di sangue incendiano l’orizzonte.
Bis.
Il rimmel dell’Europa cola sui baveri.
Bis.

L’Europa e’ una piccola dea mortale.
Bis.

L’infanzia dell’arte e’ uno spuntar del sole.
Ripeto:
l’infanzia dell’arte e’ uno spuntar del sole.

Stiamo lavorando per l’Europa.

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